Combien de chances avions-nous de nous croiser ?

A notre arrivée à l’aéroport de Saigon, fin octobre 2012, Thương (notre guide) nous attendait.

Nous lui expliquâmes la raison de notre visite aux Sœurs et de son côté, il nous raconta son histoire, comment il était devenu guide francophone.

Début des années 2000, il avait alors 21 ans et vivait à Mo Cay, dans le district de Bên Tre. Ses parents, ouvriers agricoles, et ses 4 frères étaient très pauvres.
Un jour a débarqué un couple de Français, armé d’une caméra. Croyant qu’il s’agissait de touristes, Thương engagea la conversation avec le peu de mots qu’il connaissait en français et en anglais. Il s’est avéré que ces « touristes » voulaient réaliser un reportage sur le riz, sa culture, son importance dans la vie des Vietnamiens …….
Comme Thương connaissait les environs comme sa poche, il leur servit de guide et leur fit connaître des gens et des endroits insoupçonnables.
Thương était à cette époque en rupture de scolarité, probablement liée à sa situation familiale.

Le film terminé, les Français s’en retournèrent en France.
Quelques temps plus tard, Thương reçut une somme d’argent qui lui permit de reprendre des études : il s’est naturellement tourné vers le tourisme !
En effet, les Français avaient partagé les royalties que leur film (L’âme du riz) avait rapportées pour aider ce jeune homme à se sortir de la pauvreté et lui donner une chance de vivre décemment.
Cette rencontre m’a personnellement beaucoup interpellée parce que nous avions face à nous la preuve que le peu d’aide que nous pouvons apporter peut changer le cours d’une vie.
Cette histoire s’est déroulée à des milliers de kilomètres de chez nous, dans un pays qui compte 79 millions d’habitants et nous étions…… trois !
Combien de chances avions-nous de nous croiser ?

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